Littérature

Quand la littérature fête Noël à sa façon!

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~ 21 décembre 2017 ~

J’ai cherché des textes pouvant évoquer la magie de Noël. Qu’on apprécie cette fête ou pas, elle ne laisse personne indifférent et la fureur de consommer est là pour nous le rappeler. Voici un texte d’un auteur que je ne connais pas, mais il reste émouvant!

Le plus déchirant : José Mauro de Vasconcelos

Dans Mon bel oranger, œuvre partiellement autobiographique et désormais classique de la littérature lusophone, José Mauro de Vasconcelos narre les pérégrinations du facétieux et miséreux « Zézé », enfant des rues brésilien. Au matin de Noël, le garçonnet s’éveille en espérant avoir reçu un cadeau…

« À peine éveillé, j’appelai Totoca.

« On va voir ? Je te dis que j’aurai quelque chose.

– Moi je n’irais pas voir.

– Si, j’y vais. »

J’ouvris la porte de la chambre. À ma grande déception les sandales de tennis étaient vides. Totoca s’approcha en se frottant les yeux.

« Je ne te l’avais pas dit ? »

Un mélange de haine, de révolte et de tristesse s’éleva de mon âme. Sans pouvoir me contenir je m’écriai :

« Quel malheur d’avoir un père pauvre !… »

Je détournai les yeux de mes sandales de tennis et je vis des galoches arrêtées devant moi. Papa était debout et nous regardait. Ses yeux étaient immenses de tristesse. On aurait dit que ses yeux étaient devenus si grands qu’ils auraient pu remplir tout l’écran du cinéma Bangu. Il y avait une douleur si terrible dans ses yeux que s’il avait voulu pleurer il n’aurait pas pu. Il resta une minute qui n’en finissait plus à nous regarder puis sans rien dire il passa devant nous. Nous étions anéantis, incapables de rien dire. Il prit son chapeau sur la commode et repartit dans la rue. »