– 29 mai 2014 –

La France : un modèle pour Japon ?

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Voyager et vivre à l’étranger, nous apporte des idées nouvelles. Essayer de faire la connaissance du même métier dans deux  pays différents peut faire mieux comprendre son propre métier.

Je suis ergothérapeute japonaise qui travaillait dans une polyclinique où il y avait des patients qui avaient subi des accidents vasculaires cérébraux ; ils ont donc suivi des traitements et en même temps ils ont fait des séances de réadaptation afin de se réadapter à la vie quotidienne. Lors de mon séjour en France j’ai trouvé de nouvelles façons d’exercer l’ergothérapie que j’ai envie d’essayer plus tard. A mon avis, elle est convenable pour présenter l’identité de mon métier. Ainsi,  j’ai découvert une idée nouvelle pour comprendre mon métier. Selon une étude japonaise, les deux tiers de personnes âgées souhaitent rester dans leur maison même quand leur physique va devenir fragile. En France, 80 % des personnes âgées souhaitent rester à domicile le plus longtemps possible, d’après une étude réalisée dans le cadre de la seconde édition des assises de l’Habitat Leroy Merlin avec Reunica. On s’aperçoit que les personnes âgées de ces deux pays souhaitent la même chose.

Des systèmes similaires

La France et le Japon ont chacun leur système qui modifie et améliore les domiciles dans lesquels les personnes âgées ou les personnes handicapées habitent, en fonction de leurs besoins. En plus, chaque département des deux pays a la responsabilité d’intervenir pour les mesures mises en place dans ce domaine. En plus, les deux démarches sont similaires. Dans les deux cas, il y a une demande par des personnes qui souhaitent modifier leur maison, ensuite une agence se rend chez la personne pour évaluer l’environnement du domicile ou la difficulté de la vie quotidienne.

L’étape de demande d’amélioration des logements (Ville de Kyoto)
L’étape de demande d’amélioration des logements(Ville de Besançon)

Quelques différences

Cependant, il y a une différence intéressante. Au Japon les gens qui évaluent la maison et la personne s’appellent “ケアマネジャー (care manager)”, ce sont soit des kinésithérapeutes, soit des ergothérapeutes ou des infirmiers. Bref, ce sont plusieurs professions qui ont la charge de ce travail. Alors qu’en France, ce sont toujours des ergothérapeutes qui travaillent dans une association à laquelle on demande de modifier la maison. L’ergothérapeute français travaille soit à l’hôpital, soit en libéral et intervient à domicile pour faire une évaluation globale de l’adaptabilité du logement et donner des pistes d’aménagement. La plupart des ergothérapeutes japonais travaillent à l’hôpital ou dans un centre d’adaptation mais ils n’ont pas le droit de travailler en libéral.

Découvrir une philosophie

Au japon, un problème se pose actuellement. C’est la perte d’identité du métier d’ergothérapeute. En effet, très peu d’ergothérapeutes interviennent au domicile des personnes handicapées ou âgées, la majorité travaille dans hôpitaux. Or, que les ergothérapeutes se rendent à domicile, c’est l’intérêt du métier. On peut mieux évaluer les difficultés de la personne, dans son environnement quotidien, et les aider à vivre dans leur domicile. Au japon donc la proportion d’ergothérapeute qui s’occupe des gens qui vivent leur vie quotidienne chez eux ou dans leur quartier pourrait augmenter parce que l’association d’ergothérapeute japonaise est en train d’essayer d’équilibrer l’exercice entre le travail en  hôpital et celui dans les quartiers, au domicile des patients.  Si on réussit ce mouvement on pourra soutenir les gens qui vivent la vraie vie quotidienne donc qui ont des difficultés dans leur vie quotidienne plus efficacement qu’avant. Ce métier d’ergothérapeute pourra retrouver son identité, et j’aimerais bien participer à ses améliorations.

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