Qu’un conseiller du président de la république française s’appelle Abderrahmane, qu’une ministre s’appelle Rachida ou qu’une star de football s’appelle Zinedine, cela n’a rien d’inhabituel dans la mémoire collective des français mais qu’une station de métro prenne son nom d’un puits du fin fond du dessert cela parait plus qu’étonnant au moins pour la rive sud de la méditerranée.
Lors de ma visite à Paris, j’ai été surpris de lire sur la placarde d’une station de métro parisien le nom de Bir Hakim, qui. En tant que libyen, ce nom, chez moi, est attribué à un ancien point d’eau au milieu du désert libyen, au sud de Tobrouk.
Ce nom m’a amené à plonger dans l’histoire de la seconde guerre mondiale et l’histoire de la France libre à cette époque-là et son rôle important dans la résistance contre l’occupation allemande nazie de la France ainsi que la dimension géostratégique du concept de la résistance.
Pendant seize jours, la première brigade française libre (future 1ère division française libre) du général Kœnig y résista aux attaques des armées motorisées italiennes et allemandes (l’Afrika Korps) dirigées par le général Rommel. Le répit ainsi gagné par les Français libres permit aux Britanniques, alors en mauvaise posture, de se replier puis de triompher à El Alamein.
Bir Hakeim fut la première contribution militaire d’importance des Forces françaises libres. Elle fut pour beaucoup dans la reconnaissance politique par les Alliés du Comité national de la France combattante.
La curiosité m’a amené à questionner certains français de différents groupes d’âge sur les raisons qui ont mené à donner de nom à cette station de métro.
La majorité des personnes questionnées ne savent pas l’origine de ce nom ou toute information relative à la bataille de Bir Hakeim.
Au cours de ma discussion avec le professeur d’histoire contemporaine française F. Parisot à qui j’ai exprimé ma surprise pour la méconnaissance de certains français de ce grand événement dans l’histoire contemporaine de leurs pays, il m’a expliqué que Bir Hakeim est souvent une bataille méconnue des Français, notamment des plus jeunes. On peut trouver son explication par le fait que l’histoire militaire n’est plus enseignée à l’école depuis longtemps et que par conséquent, les batailles, même célèbres (Austerlitz, Waterloo, Marignan, Sedan) ne sont pas ou presque pas abordées en cours à l’Exception de Verdun .
« L’histoire de France elle-même est moins enseignée, depuis environ une vingtaine d’année : les principales batailles, notamment celles de la France libre durant la Seconde Guerre mondiale, sont donc très peu abordées. Les programmes scolaires mettent plutôt l’accent sur l’histoire sociale, l’histoire thématique (par exemple, « la guerre au XXe siècle), plutôt que l’histoire chronologique et nationale » Ajoute M Parisot.
D’autre part, il pense que l’on parle plus de la résistance intérieure (FFI), tant dans les médias que dans l’enseignement, que des FFL (Forces françaises libres) : donc les combattants de Bir Hakeim sont moins connus des Français.
Quelle fut ma surprise, quand j’ai appris qu’un metteur en scène libyen à déjà filmé une partie de son film documentaire à Tobrouk en Libye et est entrain de finaliser les démarche administratives pour filmer la deuxième partie du film en France. Le film s’intitule –le serment de Tobrouk- et il pourra nous révéler beaucoup de surprise sur cette partie de l’histoire commune de deux peuples et sur une autre forme de résistance de l’armée française libre en Afrique du nord.

Aucun commentaire pour le moment.