– 11 décembre 2015 –

Lutte étudiante contre le racisme institutionnel à l’Université du Missouri

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In this Aug. 26, 2015 photo, Jonathan Butler uses a megaphone to encourage others to chant during a "day of action" demonstration celebrating graduate students and draw attention to their demands near the columns on the University of Missouri campus in Columbia, Mo. Butler began his hunger strike on Nov. 2 to call attention to racial problems at the state's flagship university. (Daniel Brenner/Columbia Daily Tribune via AP) MANDATORY CREDIT

Le racisme contre la population afro-américaine existe encore aux États-Unis. En voici la preuve avec les derniers événements qui ont eu lieu sur le campus de l’Université du Missouri.

L’Université de Missouri a fait les gros titres nationaux à cause d’actes de racisme sur le campus et les manifestations étudiantes qui ont suivi. Elles ont été organisées par un groupe d’activistes étudiants, « Concerned Student 1950 » qui se bat contre le racisme. Ce groupe a été formé après que l’Université de Missouri avait omis de répondre aux quelques incidents racistes qui s’étaient passés sur le campus, notamment un crime de haine où la croix gammée avait été peinte avec des matières fécales sur les murs d’une salle de séjour. Les antiracistes disent que ce crime de haine est le reflet d’un racisme institutionnel.

Le racisme institutionnel
Comment se manifeste-t-il sur les campus universitaires? Dans son livre Ebony and Ivy, le professeur d’histoire Craig Steven Wilder de MIT, une prestigieuse université aux États-Unis, raconte comment les anciennes universités aux États-Unis sont enracinées dans l’esclavage. De nos jours, une forte discrimination se manifeste sur les campus à travers la faible fréquentation des étudiants afro-américains pour raisons socioéconomiques. À l’Université du Missouri par exemple, seulement 8% des étudiants de premier cycle sont noirs, alors que la population afro-américaine dans l’état du Missouri s’élève à environ 18%. D’autre part, aux États-Unis on comptait en 2012 16% d’étudiants noirs parmi les diplômés du lycée. Malgré ces chiffres, de nombreux Américains ont critiqué les protestations au Mizzou*. Certains affirment que le racisme n’est pas un problème pour eux ; ils disent que les étudiants sont tout simplement pleurnicheurs ! Par contre, dans son livre, Wilder explique que leur déni vient de leur peur de la vérité, que le racisme continue de laisser les étudiants noirs dans une position désavantageuse sur les campus universitaires.

Le combat des étudiants
Malgré les critiques, le groupe « Concerned Student 1950 » à l’Université du Missouri a tenu des manifestations de solidarité qui ont abouti à des changements concrets. Le président de l’association des étudiants, Payton Head, exaspéré par les actes racistes sur son campus a aidé à organiser le groupe. La protestation a commencé le 1er Octobre avec un rassemblement où les manifestants ont sensibilisé les étudiants à la question du racisme qu’ils avaient vécu. A ce moment la, les jeunes ont réalisé que l’administration n’avaient jamais répondu au problème et cela a intensifié leur mouvement de protestation. Le 3 novembre, un étudiant diplômé, Jonathan Butler, a commencé une grève de la faim. Le 8 novembre, le cinquième jour en grève de la faim de Butler, les joueurs noirs de l’équipe de football américain universitaire annoncent qu’ils ne participeront plus aux compétitions jusqu’à ce que le Président de Mizzou se retire. Le département des sports, qui inclut l’entraîneur Gary Pinkel et de nombreux joueurs blancs, a annoncé rapidement leur soutien à la manifestation.
Grâce aux manifestations pacifiques et ses actions audacieuses, le groupe a gagné l’attention des médias nationaux et l’événement a forcé le président de l’université à démissionner. De plus, en 2016, les étudiants et les professeurs auront l’obligation de suivre une formation sur la diversité, la discrimination, et le racisme. Malgré le succès de « Concerned Student 1950 », il est clair qu’il y a plus de travail à faire sur les campus universitaires afin de surmonter le racisme institutionnel. Ce n’est que le début…

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