– 26 mai 2019 –

Violence des armes aux États Unis/////Julia Tilley

Par

Aux États-Unis, il y a environ 3 millions d’enfants Américains qui sont exposés aux fusillades chaque année (selon everytownresearch.org). Dans l’année 2019, il y a eu 43 fusillades dans les écoles, collèges, lycées, et universités à travers les États-Unis. Donc, les jeunes Américains doivent se préparer à l’intrusion d’un tireur dans l’école. C’est un entraînement aussi commun qu’un exercice d’évacuation incendie. Beaucoup d’étudiants commencent ces exercices dès leur première année d’école. J’ai commencé quand j’avais six ans.

Nous apprenons très rapidement ce que nous devons faire, dans cette situation. Par exemple, dans le moins de temps possible, on doit verrouiller la porte, et couvrir toutes les fenêtres. Si possible, on doit barricader la porte. La classe doit se cacher, et les lumières sont éteintes. Après ça, on attend. Vous n’ouvrez la porte à personne, même si vous connaissez la personne. Vous ne savez jamais s’ils sont impliqués avec le tireur ou non. Même si c’est la police, vous devez attendre qu’elle ouvre la porte.
Je pense que, à cause de ça, je suis toujours préparée à l’arrivée d’un tireur. Quand j’entre dans une salle, je pense inconsciemment à ce que je vais faire pour me protéger. Quand j’entends un grand bruit, je pense que c’est une arme. Et, quand je suis arrivée en France, j’ai réalisé que ce n’était pas normal.
Pourtant, le gouvernement Américain ne fait rien.

J’ai parlé avec les étudiants du CLA qui viennent d’autres pays pour avoir leur point de vue à propos de la violence des armes aux États-Unis dans les écoles. Dans tous leurs pays, les armes sont interdites. Alors, ils pensent rarement aux armes, contrairement à moi. Mais, souvent, ils ont entendu parler du problème des armes aux États-Unis.

“En Chine, on voit plein de reportages sur ça. C’est incroyable. On n’a pas le droit d’avoir [une arme]. C’est interdit, alors c’est incroyable pour nous. On a de la violence à l’école, à l’université aussi, dans les lycées, mais on n’a pas le niveau de violence des États-Unis, parce qu’on n’a pas les armes,” me confie Jianking Shen.

Certains étudiants ont un lien direct avec États-Unis, et c’est pourquoi ils suivent les nouvelles.

Minjeong Kim, qui vient de Corée du Sud, a dit: “Je m’intéresse à ce sujet parce que mon cousin habite aux États-Unis, donc, quand j’entends parler des armes, je suis toujours inquiète pour mon cousin. J’espère que l’endroit attaqué ne sera pas l’école de mon cousin. J’espère que le gouvernement va interdire les armes, parce qu’il y a beaucoup de choses, beaucoup de façons de se protéger, et je pense que les armes ne sont pas une bonne solution pour le faire.”

Il y a beaucoup de gens, Américains ou non, qui pensent comme Minjeong. Mais, il y a aussi les Américains qui ont peur de perdre leurs droits. Notre deuxième amendement est le droit d’avoir une arme. Alors, il y a un argument qui dit que, si cet amendement est changé, nous pouvons perdre notre liberté. Mais une modification n’est pas toujours un changement total.

Marshall Adrianto, d’Indonésie, a dit: “Bien sûr, je pense que c’est [la violence des armes] très mauvais. Mais, pour moi, le problème est que c’est facile d’obtenir des armes aux États-Unis. Le gouvernement devrait peut-être créer des règles pour les personnes qui portent des armes. En Indonésie, c’est pas légal [de porter une arme], mais je sais qu’on obtient des armes sur des sites. Il y a des violences armées, oui, mais c’est plutôt des violences avec couteau.”

Il y a aussi un argument aux États-Unis selon lequel le problème n’est pas les armes mais les personnes qui obtiennent ces armes. S’il n’y avait pas d’armes, ces personnes trouveraient une autre façon de blesser les gens. Et, oui, les personnes avec une bonne santé mentale ne tireraient probablement pas dans une école. Mais, si on limite les armes, si on les régule plus, moins de personnes seront tuées ou blessées. Souvent, les tireurs utilisent de grosses armes militaires, créées pour tuer, pas pour protéger.

Shuhei Seki, du Japon, a dit : “Il y a eu quelques accidents [aux États-Unis]. Je sais pas exactement ce qui s’est passé, mais, j’ai vu à la télévision qu’un homme est entré dans un collège ou lycée, je sais pas, et il a tué dix personnes ou plus. Je sais qu’il y a un grand débat aux États-Unis pour la liberté de porter des armes.”

Le débat dont Shuhei a parlé a lieu chaque fois qu’il y a une autre attaque. Je ne pense pas que quelque chose va changer bientôt, mais j’ai de l’espoir. Il y a des jeunes Américains à mes côtés qui se battent pour une réglementation des armes et pour empêcher les enfants d’être tués à l’école. J’ai réalisé qu’il n’est pas normal d’avoir peur d’aller à l’école quand je suis arrivée en France et quand j’ai parlé avec mes camarades d’autres pays. Je crois que ma génération, un jour, fera le changement. Nous menons la révolte, et je sais que nous allons continuer.

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