– 12 juillet 2021 –

L’Histoire du Fado : un symbole typiquement portugais par Mariana F.

Par

Le Fado, pour un portugais, c’est plus que de la musique, c’est le symbole et le patrimoine du pays. C’est un genre caractéristique de la ,saudade : la philosophie portugaise que l’on peut traduire par un sentiment de nostalgie pur qui rappelle le vieux Lisbonne et une guitare portugaise accompagnant une voix forte.

C’est pourquoi il est si excitant et effrayant de se souvenir d’Amália chanter ou d’écouter Mariza aujourd’hui. On sent sur la peau chaque mot, chaque note de la guitare, chaque son, le Fado est né avec nous.

‘’Il y a une musique des gens,

Je ne peux même pas dire si c’est un Fado

Que l’écouter il y a un nouveau rythme

Dans l’être que j’ai sauvé’’

(Traduction d’un vers de Fernando Pessoa)

Qu’est-ce que le Fado ?

Selon le Dictionnaire Priberam de la langue portugaise, le « fado » est défini  par une force supérieure au contrôle de tous les événements et ce qui doit se passer, indépendamment de la volonté humaine. Une troisième définition est liée à la musique : « chanson folklorique portugaise, habituellement interprétée par un fadista (chanteur de fado), accompagnée de guitare portugaise et de guitare classique« .

La meilleure chose à propos du fado, en tant que style musical, c’est qu’il ne contredit aucune des autres définitions. Le Fado, mon Fado, le Fado des Portugais, c’est tout cela et plus encore.

L’Origine du Fado

Les origines de Fado sont entourées de mystère. Certains croient que le Fado est né au Brésil, en Afrique ou qu’il a été apporté par les Arabes, « La vérité est que personne ne sait d’où il vient vraiment, mais pour moi, le Fado est authentiquement portugais. » affirmait la fadista Cuca Roseta dans une interview.

En fait, les premiers enregistrements du Fado apparaissent dans les rues de Lisbonne du XIXe siècle, dans les bouches des marginaux de l’époque avec des thématiques essentiellement du quotidien : les dures réalités de la vie, des amours perdus, de l’espoir et de la « saudade ».

On peut affirmer que la première diva de ce genre musical a été Maria Severa Onofrina, une prostituée de la capitale. Son talent musical était si connu qu’il a eu une grande influence dans le théâtre et le cinéma, et a fait sortir le Fado de la rue pour l’insérer dans la haute société en 1840.

Le Fado qu’on entend aujourd’hui a connu quelques changements, en commençant par sa reconnaissance comme une forme poétique et l’introduction de la guitare portugaise comme sa « compagne ». De nouveaux thèmes sont apparus dans les chansons des grandes chanteuses actuelles telles que Mariza et Ana Moura et des maisons de fado ont été créées dans tout le pays.

Même avec ces changements, les portugais continuent de voir le Fado comme l’âme de leur nation, représentative de leurs conquêtes et de leurs défaites.

Le fado dans le temps

Comme tous les domaines artistiques, le Fado a évolué après le coup d’État de mai 1926. Le Fado, qui jusque-là était improvisé, a commencé à avoir un réseau d’interprètes et de compositeurs dévoués qui ont chanté dans différents espaces pour un public de plus en plus large.

Au fil du temps, des « maisons de fado » ont commencé à apparaître principalement à Lisbonne, dans le Bairro Alto, à partir des années 1930.

Pendant le, Estado Novo, la Dictature Salazariste le Fado été censuré, jusqu’à ce que Salazar se rende compte que la popularité du style musical pouvait être utilisée pour faire oublier les idées révolutionnaires à la population : « Tant que les gens ont quelque chose avec quoi se distraire, ils ne s’impliquent pas en politique. » (Salazar).

Ce changement de position de la part de l’État a contribué à popularisé le genre.

Amália Rodrigues, la reine du Fado

Dans les années 50, le Fado a rencontré celle qui allait devenir l’un des plus grands symboles du Portugal : Amália Rodrigues. C’est une icône de la culture portugaise, elle a joué un rôle important dans l’internationalisation du Fado et dans sa reconnaissance en tant qu’art. Elle ne connaissait pas de frontières, linguistiques ou culturelles. « Elle a chanté et charmé dans le monde entier, de Paris à New York, de Berne à Rome, de Trieste à Dublin. Elle a transporté la culture portugaise à travers des quatre coins de la planète et est devenue la plus grande diva du Fado. » (PTJORNAL)

Plus qu’un style musical, le Fado est une façon de vivre et de ressentir, c’est le cœur du Portugal, c’est un héritage. Tous les portugais sentent le Fado. Peut-être que nous ne pouvons pas toujours l’expliquer, mais cette voix avec cette guitare, avec cette lettre, forme une image qui peut toucher n’importe qui. C’est un état d’esprit, c’est une émotion pure et un souvenir. Pour le peuple portugais et pour le monde, le fado est plus qu’un style de musique, le Fado est un trésor d’émotions et d’expériences.

 A la conquête du Monde

Les médias, comme la radio et le théâtre et bien sûr, le cinéma n’ont pas été indifférents à ce style musical. De nombreux films ont présenté le Fado sur le grand écran au cours des années 70, parmi lesquels, par exemple, “O Fado, História de uma Cantadeira”, dans lequel Amalia jouait, ou “O Miúdo da Bica”. Cette présence à la radio, au théâtre et au cinéma a amené le Fado à franchir les barrières géographiques et à devenir LE symbole du Portugal.

Le Fado peut être considéré comme un pont entre les personnes. Au Portugal les immigrés se le sont appropriés de telle sorte qu’ils se sont finalement reconnus comme portugais et ont transmis cet héritage de génération en génération.

Grâce à toutes ces contributions, le Fado a été reconnu en 2011 par l’UNESCO comme « patrimoine oral et immatériel de l’humanité ».

Aucun commentaire pour le moment.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *