– 10 juin 2019 –

Quelle éducation pour les filles en Chine? /////Jialing WU

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L’éducation est un des éléments-clé qui détermine la place des femmes dans la société. Même si elle est encore loin d’éliminer toutes les inégalités entre les garçons et les filles, entre les hommes et les femmes, ces dernières ont commencé à atteindre des positions plus ou moins équilibrées à celles des hommes dans tous les domaines de la société et ceci grâce à leur haut niveau de formation. Toutefois, le plafond de verre est loin d’être totalement brisé, et celui de la parole notamment demeure encore profondément opaque!

Dans un article de Maud Navarre intitulé « Les femmes, des orateurs comme les autres? » in Sciences Humaines N°312, 2019 , on peut lire que quelques soient les domaines dans lesquels les femmes s’investissent, elles s’expriment moins souvent en public que les hommes et elles sont plus critiquées quand elles lancent une parole devant une assemblée. D’après des études scientifiques, trois facteurs entraînent cette situation.
D’abord, biologiquement, les voix masculines et féminines activent des aires différentes du cerveau: les voix féminines pénètrent l’aire auditive tandis que les voix plus graves, masculines, activent directement l’aire compréhensive située à l’arrière du cerveau. Par ailleurs, les stéréotypes par lesquels nous associons des qualités et des défauts à la tonalité des voix engendrent l’affaiblissement de la voix féminine. Il est enfin question de l’éducation et de la tradition. Les femmes ne s’écartent jamais des normes du discours public défini par les hommes depuis qu’elles sont confinées à se taire à l’école. Les femmes perpétueraient pourtant cet héritage malgré les combats menés pour l’égalité de genre.

Selon moi, c’est une représentation du stéréotype de genre sur lequel nous nous questionnons toujours. On trouve souvent la parole des femmes impuissante quand elles parlent en public. Elles sont jugées de façon injuste en admettant que leur parole soit parfaite, ce qui montre bien l’inégalité entre les hommes et les femmes en matière d’expression orale.
Par exemple, pendant mes études au lycée, parmi les professeurs de sciences physiques, une chef sur sept était une femme. Or, c’était toujours à la fin quand son auditoire était fatigué qu’elle avait la parole devant les étudiants, après six voix masculines. Cela m’évoque une question dramatique: bien que nous excluions la discrimination de la direction ou le déséquilibre entre les disciplines concernant le genre, pourquoi le tour de parole de la femme arrivait toujours en fin de réunion ? Le statut de la femme est, de toute évidence, incongru.

Heureusement, j’ai entendu dire que les femmes occupaient graduellement la fonction de dirigeante de mon lycée ces derniers années. Ce changement ne me frappe point car l’évolution de la civilisation humaine le nécessite, notamment les progrès de l’éducation. Même si on a encore fort à revendiquer pour les droits des femmes, il faut bien reconnaître que la situation des femmes se bonifie sous l’impact de l’éducation. La force de l’éducation conditionne nos stéréotypes et stimule les progrès de notre société, imposant une formation crédible qui réoriente de quelques degrés les citoyens vers l’égalité de genre. Tout d’abord, le fait que les filles aujourd’hui rejoignent la même priorité d’être éduquées de la même manière que les garçons accroît leur capacité cognitive d’un côté, la catégorie sociale, de l’autre. Elles sont d’autant plus admises par tous qu’elles ont leurs compétences académiques ou sociales indéniables. Ainsi ces facultés leur permettent de graver les échelons de la hiérarchie. Alors on ne doute plus de leur performance tandis qu’elles perfectionnent leur travail. On commence à se tourne vers la vision selon laquelle on doit rejeter les préjugés de genre et changer l’image de la femme. D’ailleurs, les femmes s’engouffrent davantage dans les formations scientifiques, surmontant le cliché qui indique qu’elles ne sont pas douées d’un raisonnement logique, mais plutôt d’une supériorité littéraire. Ce voile se soulève néanmoins au fur à mesure que les femmes font un carton en matière de sciences. Il s’avère qu’elles transgressent de plus en plus les codes définis par les hommes et prennent absolument leur position à l’égal des hommes grâce à leur formation.

Si nous voulons aller plus loin sur l’égalité entre les hommes et les femmes, il faudrait que l’éducation soit mise en avant parmi tous les projets. Car, seule l’éducation favorise profondément l’élévation des femmes de sorte qu’avec la confiance en elles, le genre féminin se montre plus fort en public.

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